Swimming Birds

« Au large dans la mer, l’eau est bleue comme les pétales du plus beau bleuet
et transparente comme le plus pur cristal; mais elle est si profonde
qu’on ne peut y jeter l’ancre et qu’il faudrait mettre l’une sur l’autre
bien des tours d’église pour que la dernière émerge à la surface.
Tout en bas, les habitants des ondes ont leur demeure.

Mais n’allez pas croire qu’il n’y a là que des fonds de sable nu blanc,
non il y pousse les arbres et les plantes les plus étranges dont les tiges
et les feuilles sont si souples qu’elles ondulent au moindre mouvement de l’eau.
On dirait qu’elles sont vivantes. Tous les poissons, grands et petits,
glissent dans les branches comme ici les oiseaux dans l’air. »

« Tout le long du jour elles pouvaient jouer en bas dans les grandes salles
du palais où des fleurs vivantes poussaient sur les murs. On ouvrait les grandes
fenêtres d’ambre blond et les poissons entraient chez elles comme les hirondelles
font chez nous lorsqu’on ouvre, mais les poissons nageaient tout droit vers les
princesses, mangeaient dans leurs mains et se laissaient caresser. »

« Elle n’avait pas de plus grande joie que d’entendre parler du monde des humains.
(…) Ce qui l’étonnait le plus, c’est que là-haut, sur la terre, les fleurs eussent
un parfum, ce qu’elles n’avaient pas au fond de la mer, et que la forêt y fût
verte et que les poissons voltigeant dans les branches chantent si délicieusement
que c’en était un plaisir. C’étaient les oiseaux que la grand-mère appelait poissons,
autrement les petites filles ne l’auraient pas comprise, n’ayant jamais vu d’oiseaux. »

Extraits de La Petite Sirène, Hans Christian Andersen

L’original est disponible, n’hésitez pas à me contacter pour plus d’informations.